Se connecter pour tout voir

Contenu réservé aux membres, crée un compte ou connecte toi.


Vulve, pénis… Apprendre aux enfants à nommer les parties génitales est plus important qu’on ne le pense

INTIMITÉ – Ce sont des mots que l’on prononce souvent en rougissant, ou avec une certaine gêne. « Pénis », « vulve », « testicules », « anus »… Des termes anatomiques pourtant simples, mais que beaucoup d’adultes hésitent encore à employer.

Par pudeur, habitude ou inconfort, on leur préfère généralement des petits surnoms « régressifs » qui semblent moins connotés, et donc moins embarrassants à prononcer. « Zizi », « minette », « kiki », « zézette »… Ce sont aussi ceux que l’on enseigne aux enfants pour parler de leur intimité.

Comment on fait les bébés et autres questions sur la sexualité : 7 livres pour répondre à vos enfants

Publicité

Publicité

Mais est-ce vraiment une bonne idée ? Le 8 octobre dernier, le médecin généraliste et romancier Baptiste Beaulieu évoquait justement le sujet, dans un post Instagram, où il émettait une hypothèse : celle selon laquelle les enfants connaissant les vrais termes anatomiques des parties génitales seraient mieux armés face aux agressions sexuelles. « J’ai l’impression que l’enfant qui n’a pas le langage pour décrire son corps est plus “malléable”, développait Baptiste Beaulieu sur la plateforme. Les mots “zizi” et “zézette” favorisent une atmosphère “ludique” et “infantilisée” où l’agresseur peut minimiser ses gestes. »

« Appeler un chat, un chat »

Cette réflexion est loin d’être anodine quand on prend conscience de l’ampleur des violences touchant les enfants. Dans son rapport de 2023, la Ciivise (Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants) rappelait que « 160 000 enfants sont victimes chaque année de violences sexuelles, autrement dit un enfant est victime d’un viol ou d’une agression sexuelle toutes les trois minutes ».

Un chiffre vertigineux, qui pousse certains parents à leur enseigner comment nommer avec précision les parties intimes, pour, espèrent-ils, protéger leur enfant d’éventuels prédateurs. Parmi eux, Aurélie, qui a choisi dès la naissance de son fils de ne rien lui cacher des mots qui désignent les organes génitaux. « Pendant ma grossesse, j’étais tombée sur un article expliquant que les enfants qui savent nommer leur intimité sont pris davantage au sérieux en cas de violences. Pour moi ça a été une évidence. Pourquoi ne pas appeler un chat, un chat ? », se questionne la mère de famille, qui explique que cette réflexion s’inscrit dans une démarche plus globale pour renforcer la conscience qu’a son fils du respect du corps, qu’il s’agisse du sien ou de celui des autres. D’ailleurs, à dix ans, il emploie sans sourciller les termes anatomiques plutôt que les enfantins.

Lire  Spank:Nothing to help the dynamic like a hard paddling

En réalité, souligne Éloïse, mère de deux enfants de six et treize ans, ce sont surtout les adultes qui sont embarrassés à l’idée d’employer ces termes. « À l’école maternelle, quand mon fils a utilisé les vrais termes lors d’un petit cours sur le corps et le consentement, certains parents ont dit à la maîtresse que ces termes étaient inappropriés. Mais selon moi, c’est créer un tabou que de ne pas nommer les choses, estime-t-elle. Ce que je veux, c’est que mes enfants soient bien dans leurs corps, dans leur sexualité et dans leurs émotions. Pour moi, tout est lié. »

Un outil utile, mais pas miraculeux

Apprendre aux enfants à dire pénis, vulve ou vagin permet-il vraiment de les protéger contre les violences sexuelles ? « Cela peut en effet avoir un effet protecteur », confirme le docteur Gilbert Vila, psychiatre de l’enfant et de l’adolescent et chef de service au Centre de Victimologie pour Mineurs de l’hôpital Armand-Trousseau, à Paris. « Un enfant qui s’exprime avec des mots d’adulte peut montrer à un éventuel agresseur qu’il peut parler et qu’il saura se faire comprendre des adultes responsables auquel il se confiera », poursuit le psychiatre, qui rappelle que les pédocriminels ciblent généralement les « enfants fragiles, isolés, délaissés, et non les enfants réactifs, qui ont un entourage présent ».

Publicité

Publicité

C’est ce que Baptiste Beaulieu nomme dans son post Instagram « la perte du rapport de force ». « Ce sera plus difficile de manipuler l’enfant en brouillant les termes ou en niant les faits, puisque l’enfant n’est pas “réduit” au registre du jeu ou du secret, au registre de la “cour d’école” », écrit ainsi le médecin généraliste.

Lire  Tiktok (electro-cum): Vous pouvez commander des produits électriques par contacts sur elektrykum.com

Mais apprendre à son enfant à nommer les parties intimes sans euphémisme ne suffit pas à le protéger contre d’éventuels agresseurs, met en garde le Dr Gilbert Vila. « Malheureusement, même des enfants bien préparés peuvent être en état de sidération », souligne le psychiatre, qui rappelle aussi que les prédateurs manipulent souvent leurs victimes « pour les amener là où ils veulent ». Cela est d’autant plus vrai lorsqu’ils font partie de la famille de l’enfant. « Dans ce cas, quel que soit le terme qu’on utilise, la prévention est compliquée car le prédateur fait partie de l’entourage de l’enfant, il a donc une certaine confiance », rappelle le médecin.

Créer un climat propice à la confiance et au respect

C’est pour cette raison que Gilbert Vila, plutôt que d’enjoindre les parents à désigner les parties du corps par leur nom, préfère les inciter à instaurer une relation de confiance et un dialogue ouvert avec leur enfant, pour leur apprendre à poser leurs propres limites. « Plus que les mots, il y a les actes, ce qui se passe autour d’eux, l’éducation au respect, la façon dont on se parle… Ça participe aussi au respect du corps de l’enfant, à la manière dont il se respecte et dont il respecte celui des autres », insiste le psychiatre.

Il cite aussi l’importance des lectures, comme celle Ceci est mon corps de Mai Lan Chapiron (éd. La Martinière Jeunesse, 2024), pour apprendre aux enfants, dès trois ans, qu’ils sont les maîtres de leur corps et que certains gestes sont interdits.

Publicité

Publicité

Quant aux parents qui préfèrent, par pudeur, utiliser les mots « zizi » ou « zézette » plutôt que les termes anatomiques, Gilbert Vila tient à les déculpabiliser. « Il faut se sentir à l’aise, ne pas se forcer », conseille le médecin. « Diaboliser les termes enfantins n’est pas la solution. Ce qui compte, c’est d’être à l’écoute de son enfant. S’il dit : “Untel m’a touché le zizi ou la zézette”, il doit tout autant être pris au sérieux et protégé », estime-t-il. Et de conclure : « Le plus difficile n’est pas de nommer, c’est d’identifier les cas de violences sexuelles envers les enfants et de briser l’omerta généralisée qui les entoure. »

Plus dans Lifestyle

« L’éducation à la sexualité à l’école est nécessaire, mon travail de procureure me le prouve au quotidien » – Témoignage

En maternelle et à l’école primaire, voici à quoi ressemblent les cours d’éducation à la vie affective et sexuelle

Cet écrit a été rendu du mieux possible. Au cas où vous projetez de présenter des renseignements complémentaires à cet article sur le sujet « votre monde du fetish » vous pouvez écrire aux contacts affichés sur ce site. ilovebdsm.org vous présente de lire cet article autour du sujet « votre monde du fetish ». ilovebdsm.org est une plateforme d’information qui réunit de multiples informations publiés sur le web dont le domaine principal est « votre monde du fetish ». Connectez-vous sur notre site ilovebdsm.org et nos réseaux sociaux dans l’optique d’être informé des prochaines communications.